DE KOONING, Whose Name Was Writ in Water Musée Gugenheim Les arts sont parallèles, ils sinterpénètent aussi. Il faut quil y ait de la musique. Il faut que dans la littérature il y ait de la musique. Il faut peut-être que dans la musique il y ait un peu de littérature. Il faut peut-être que dans le cinéma aussi jaime beaucoup les adaptations littéraires. Jaime ce que fait Orson Welles avec Shakespeare ; je voyais ces derniers jours les adaptations de Tennessee Williams, par exemple, qui est un grand écrivain, adapté par Joseph Mankiewicz, dans La chatte sur un toit brûlant ou, les deux films ont Elisabeth Taylor comme interprète, mais seul le deuxième a été réalisé par Mankiewicz note pileface. Et le cinéma sait rendre compte de la littérature et ça, ça métonne aussi. Moi, je me sens obligé de travailler tout ensemble, donc dêtre un peu cinéphile, et dans lexigence daller vers les gens qui ont une aura-une œuvre, en fait, on va dire ça comme ça. Jai eu la chance de le voir en concert avec mon ami Jean Laurenti. On est allé le voir aux Nuits de Fourvières en 2008. Cétait juste formidable. Cest un groupe new-yorkais, qui, moi me paraît être le plus atypique des groupes new-yorkais, en tout cas des groupes américains, peut-être même des groupes mondiaux, cest autre chose, après Bowie, il y a cette musique-là qui commence au milieu des années 70 et qui est une musique, un peu ce qua fait Peter Gabriel, plus poussé que ce qua fait Peter Gabriel, cest une musique du monde, qui inclut des chants soufies, qui inclut des percussions africaines et ça fonctionne très bien, cest très généreux. David Byrne, cest quelquun que jaime bien, jai eu la chance de le voir à moins dun mètre, et quand il est arrivé sur scène, il a dit Vous pouvez vous lever, contrairement à ce quavaient dit les organisateurs, vous pouvez prendre des photos, surtout vous pouvez venir danser, contrairement à ce quavaient dit les organisateurs. Nous, on était contents, voilà, par contre Burning Down the House cest un peu la maison qui brûle, cest encore dactualité avec les incendies de forêt en Australie et ailleurs ; la planète est en train de brûler. Si la contemplation du vol des cygnes sauvages se suffit à elle-même, il ne sagit pas de faire image, le processus de perception est plus global : Je les ai suivis des yeux et de lesprit. Dès la préface à la réédition, lauteur évoquant le Nord du Japon le reconnaît comme un lieu, qui avec dautres lieux de la terre, la attiré. Mais cest aussi un espace dun autre ordre : Il sagit, au fond, dun espace de lesprit. La mer des lumières évoque, cette fois, une autre nature, dautres paysages, une autre lumière, ceux de lOcéan indien. Voilà ce quil écrit dans sa préface, en citant le Il convivio de Dante : Un bon livre, un vrai livre doit se comprendre à quatre niveaux : le sens littéral, où lon raconte ce qui se passe ; un sens social et politique ; un sens philosophique ; un sens ésotérique, voire initiatique. Étant entendu que ces quatre sens ne se suivent pas séparément, mais sinterpénètrent et se complètent. Cest ainsi que jai conçu ce livre. Stavo-Debauge J. 2012, Le loup dans la bergerie : le fondamentalisme chrétien à lassaut de lespace public, Genève, Éditions Labor et Fides. Becquet, V 2003. Autrement, est-ce possible? Les jeunes et les institutions-Premiers regards sur les conseils de la jeunesse. Agora DébatsJeunesses, 30, 46-58. Poème sur sa fille, poème sur sa femme qui est magnifique Becquet, V. Transformations sociales et vulnérabilité, les modalités dengagement des jeunes, Les réseaux de sociabilité : quelles ressources éducatives? 18 ème journées de valorisation de la recherche, 30 novembre-1 er décembre 2017, ENPJJ, Roubaix. ARCHIVES : les entretiens réalisés par Renaud Garcia CultureWok error was encountered while trying to use an ErrorDocument to handle the request. Ce que Kenneth White recherche dans la lecture nest pas lacquisition dun savoir détaché de lexistence, mais participe de ce grand travail, lui-même relié à une dimension physique du corps ancré sur la terre, ainsi que lexplique Michèle Duclos :
Alors, cest une communauté qui na pas trop lieu dans mon entourage, cest-à-dire quen fait pour parler de certains sujets il a fallu aller à Paris monter à Paris comme on dit pour pouvoir parler ou en tout cas se faire parler de ces sujets là et pouvoir débattre un peu autour. Jai des copains avec qui on peut parler, peu, mais il y en a quelques uns, mais dès quon a un peu dexigence sur la philo, il vaut mieux aller voir un grand professeur. Jai suivi les séminaires de Gérard Guest, pendant cinq six ans, le samedi après-midi, un séminaire sur Heidegger à côté du boulevard Montparnasse. Moi, jai toujours essayé dapprendre des choses et là javais limpression, avec Gérard Guest, que la pensée se produisait au fur et à mesure et malheureusement, malgré ses apparitions médiatiques fréquentes, est quand même dans la marge Selon Christophe Roncato, la pratique transdisciplinaire a pour effet de remettre en cause le statut de lauteur, et il intitule un chapitre de son livre La mort de lauteur? : Travailler aux croisements et au dépassements des disciplines implique que lauteur occupe une place plus marginale dans les processus de création. Dans ce nouveau champ littéraire, lauteur tend à se faire moi visible, il nest plus lunique architecte de son ouvrage. On se référera au chapitre Lieux de demeures dans le livre déjà cité dOlivier Delbard pp.135-164.
Cest surtout des rencontres, en fait, je crois, des rencontres où on te dit, tu ne connais pas ci, tu ne connais pas ça. Après, il y a des gens qui, eux, sont dans les tuyaux de léducation, de luniversité, qui deviennent spécialistes Et moi, à ce jour, je suis toujours spécialiste de rien et je peux parler à peu près de tout, mais en transversalité comme tu dis. De toute façon, en littérature, pour moi, ce qui est intéressant, cest ce qui peut taider à vivre. Si les choses ne taident pas à vivre, ça ne vaut pas une minute dattention, dirais-je. Donc la peinture maide à vivre, les arts maident à vivre, la philosophie, au départ les stoïciens, puis les épicuriens, puis et Christophe Roncato, Kenneth White une œuvre-monde, Rennes, juin 2014, 252 p, p. 61 Cuconato, M, Demozzi, S. Becquet, V 2019. The Interplay between life trajectories and participation careers. Dans Whalter, A, Batsleer, J, Loncle, P. Pohl, A Ed, Young People and the Struggle for participation. Contested Practices, Power and Pedagogies in Public Spaces. London: Routleged. Selon Claude Fintz, Kenneth White ne dissocie jamais expérience du monde et méditation sur les livres. Kenneth White na jamais publié de roman. Inspiré en cela par lattitude d qui écrivait : Fort heureusement, les jours de la littérature psychologique à affabulation romanesque sont comptés. La distance envers la littérature est constante, mais Kenneth White est un grand lecteur y compris de certains romans, et un critique littéraire. Fréquemment, il est sollicité pour écrire ou parler, notamment dans le domaine de la littérature de langue anglaise. Citons, par exemple, ses préfaces du livre de Loin de la foule déchaînée réédité en 1987, de Construire un feu en 2007, du Journal de, réédité en 1981 et Couleurs dautomne du même auteur en 2001. Sil apprécie la littérature du passé, il considère quaujourdhui une autre forme, plus ouverte, est nécessaire et cest à celle-ci quil travaille. Comment vivre afin de découvrir du réel à chaque pas? Si lon pense en termes dart décrire, je dirais : au moyen dune prose qui ne soit pas confinée dans lart du roman. Pourquoi ce rejet du romanesque? Il y répond lors de lémission La nuit rêvée de Kenneth White : Le roman ne mintéresse pas, parce que, sauf exception, cest un genre bourgeois, cest le genre bourgeois, cest-à-dire sédentaire ; maintenant, massivement commercial. Cette littérature est basée sur une logique très simpliste : X contre Y, détective contre criminel, etc. Et on ny trouve presque jamais la polyphonie du monde, lamplitude des choses. Cest de lexistence en boîte, donc ma pratique est différente. Le débat avec les grands auteurs et les œuvres du passé, la référence à la littérature avec un regard critique parcourent toute lœuvre, mais cette discussion saffirme dans les derniers livres, particulièrement dans Lettres aux derniers lettrés : De plus, il néchappera à personne que la plus grande partie de ce que lon appelle aujourdhui littérature est destinée au divertissement. Le livre aborde le concept de littérature mondiale promue par Goethe sous le vocable Weltliteratur. Kenneth White cite lécrivain allemand : La littérature nationale na plus aujourdhui de sens. Le temps de la littérature mondiale est venu, et chacun doit aujourdhui travailler à hâter ce temps. La motivation de lauteur est indiquée sans détour : Quand jai lu Goethe pour la première fois, et mon intérêt na pas diminué depuis, jétais autant, sinon plus, intéressé par ses écrits scientifiques que par ses écrits littéraires. La cause de son intérêt est explicite : Il cherche et puise non seulement dans la culture, mais aussi dans la nature. La filiation entre les deux auteurs apparaît ici clairement : On ny voit à lœuvre une pensée poétique une pensée en liaison avec la poéticité de la Terre : une intelligence poétique du monde. Il sagit de discerner en Goethe un précurseur de la pensée géopoétique, car Kenneth White lévoque dans les mêmes termes quil définit la notion de géopoétique. La filiation nest pas seulement théorique, elle saffirme dans une communauté daction et dengagement qui rassemble les deux auteurs : Goethe sort. Il fait des excursions, il va sur le terrain, il sexpose. Comme pour la science, pour lart, pour la géographie ou lHistoire, ce que Kenneth White réfute dans la littérature, cest son enfermement. Dans lémission La nuit rêvée, il évoque, à travers lHistoire, Des figures, des esprits qui voient plus vite et plus loin. Heureusement, sans cela, lHistoire aurait été un cauchemar perpétuel. Ce sont ceux-là que jappelle les nomades intellectuels. Puis, il poursuit : Je nommerais pour ma part, en philosophie, et en poésie. Non seulement ils traversent les frontières, mais ils brisent les catégories. Lui-même a été dès ses débuts à la recherche dune compréhension globale, dune appréhension complète du monde. Il ny a probablement pas de réponse globale. Mais ce quil peut y avoir, cest un champ de correspondances. Ne me parlez plus de littérature. Si le mot littérature est rejeté, cest au profit du terme œuvre-monde quil définit ainsi : Je nentends pas littérature du monde au sens socio-politique. Je ne lentends pas non plus au sens personnel, lorsque lon parle du monde de Balzac ou de Stendhal, ou de Proust. Pour rester encore un moment près du latin, par mundus, on entendait lemplacement où, à la fondation dune cité, les futurs citoyens venus de régions différentes déposaient un peu de la terre de leur territoire. Cétait donc un lieu de concentration de puissances. Le travail sur la langue Becquet, V Dir. 2014. Jeunesses engagées Coll. GERME, Paris : Syllepse. Becquet, V. À paraître 2019. Le moment-école dans les carrières dengagement des jeunes. Dans Rouyer, V. Et al Dir, Education et citoyenneté : approche pluridisciplinaire. De Boeck éditions. GOETE: Governance of Educational Trajectories in Europe. Access, coping and relevance of education for young people in European knowledge societies in comparative perspective Commission européenne-FP7-SSH-2010-2013. Ce projet regroupait huit pays Allemagne, Finlande, France, Italie, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni et Slovénie et était piloté par lInstitut déducation de luniversité Eberhard Karls de Tübingen. Le projet avait pour objectif dexplorer comment linstitution scolaire conceptualise et organise les trajectoires éducatives individuelles aux niveaux local, national et européen et portait sur les jeunes 10 à 16 ans et la transition entre le collège et le lycée.