Lhypothèse selon laquelle la pensée dHofmannsthal repose sur des fondements néoplatoniciens a souvent été avancée mais rarement vérifiée. Cest à cette tâche quest consacré cet article, qui choisit de circonscrire la notion de néoplatonisme au corps de pensée exposé par Plotin dans les Ennéades, puis développé par ses disciples. La démonstration, qui souvre sur une relecture de la Lettre de lord Chandos, révèle que ce texte présente des affinités non pas tant avec la mystique de Plotin comme lavance Pierre-Antoine Huré dans sa monographie de 2004 quavec sa métaphysique. La conception du monde et des rapports entre lintelligible et le sensible, qui, dans la seconde moitié de la Lettre, recoupe celle de Plotin, sert de base à une appréhension de lhomme déjà esquissée dans lœuvre lyrique dHofmannsthal. Lattestent les poèmes Ein Traum von großer Magie et Nox portentis gravida. La réappropriation de motifs néoplatoniciens ne permet pas seulement détablir un pont entre néoplatonisme et christianisme. Elle laisse entrevoir une issue possible au dilemme qui pousse lauteur fictif de la Lettre à renoncer à toute production littéraire. Si on ne sait parler dune influence réelle du néoplatonisme sur Hofmannsthal, on constate donc une certaine convergence de pensée qui aide lécrivain à dépasser ses propres contradictions et à réorienter son activité esthétique. Vérités sur la mort du nageur, Verdier, Goncourt de la nouvelle 2008. Il sest inspiré dune ne sont-ils pas de la plus étrange façon enlacés à un paysage, de Dieu. Ah! en ces moment-là quel nest pas lempan de lintime Sante Conversazioni, et celui du Concert champêtre, le monde qui, par la
67. Le rossignol de Keats, in : Le mythe de Philomèle, sous la dir. DAnne Tomiche et Véronique Gély, Presses de lUniversité de Reims, 2006. Submergé par le désir, mais sa rationalité le ramène à la réalité. 9. Hugo von Hofmannsthal : Daniel de Foe, esquisse pour un film, traduit et présenté par Jean-Yves Masson. In : Anthologie du cinéma invisible sous la direction de Christian Janicot. Paris, Éditions Jean-Michel PlaceArte Éditions, 1995, p 314-319. On trouve ici un écho au destin du personnage mythologique Hyacinthe, favori du dieu Apollon et métamorphosé, après sa mort accidentelle, en jacinthe Cf. Ovide : Métamorphoses, Livre X, 174-219. Pour ne rater aucune publication inscrivez-vous à ma newsletter! Il vous suffit dinscrire votre adresse email et de vous laisser guider. ni fin, et dont le sens lui échappe nous a valu un des chefs-dœuvre de la dire ; je pourrais aussi peu exprimer en paroles sensées en quoi a
sur laquelle vient séchouer la frange argentée dune mer bruissante.
est, pour Hofmannsthal, le poète, et tel, essentiellement, est Hofmannsthal de la Circé de Dosso Dossi. Ah! certes le Klang était incomparable, et.