Tout comme Mme de Clèves, le lecteur est dans l attente de lapparition de ce personnage, ce qui contribue à créer un effet de suspense et met laccent sur larrivée du personnage.
Extrait de La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette 1678 :
usure possible de lamour, que le récit sefforce de conjurer. 6. Le deuil l. 769-848 ; Madame de Clèves demeura dans une affliction Nemours, sous les yeux de Mme de Clèves qui ne peut rien dire.
Chose à peine croyable, une universitaire, théoriquement spécialiste du XVII e siècle, Mme Liliane Picciola, ne sest pas aperçue que Mlle de Chartres était déjà devenue Mme de Clèves : elle croit que le bal donné à loccasion des fiançailles de Claude de France et du duc de Lorraine est donné pour les fiançailles de Mlle de Chartres et de M. De Clèves, ce qui lamène à supposer finement que, si le roi ordonne à lhéroïne du roman de danser avec M. De Nemours, cest pour essayer dempêcher son mariage avec M. De Clèves : Le jour des fiançailles arrive, un bal a lieu à la cour M. De Nemours sy trouve. En le voyant si beau, Mlle de Chartres pense quil ne peut sagir que de celui dont elle a tant entendu parler. Elle est surprise, il est surpris. Alors que la rencontre avec M. De Clèves se fait presque dans lintimité, celle-si attendue grâce à la manière dont Mme de Lafayette présente les événements-de Nemours et de la future Mme de Clèves se fait sous les regards admiratifs de la cour, car la fiancée reçoit du roi lordre dinviter le prétendant dElizabeth dAngleterre à danser manipulation royale? Histoire et roman semblent ici se mêler étroitement. Henri II napprouve sans doute pas le mariage projeté par Clèves et Nemours a une telle réputation de séducteur Roger Zuber, Liliane Picciola, Denis Lopez, Emmanuel Bury, Littérature française du XVII e siècle, Collection Premier Cycle, P.U.F, 1992, pp 188-189. Quand bien même Mme Picciola, ayant entendu parler de La Princesse de Clèves par une copine qui lui aurait dit que le roman ne devenait vraiment intéressant quà partir du moment où lhéroïne rencontrait le prince charmant, naurait lu que dun œil très distrait tout le début du roman pour arriver plus vite à la rencontre avec M. De Nemours, comment ne sest-elle pas aperçue alors que lhéroïne était déjà devenue Mme de Clèves puisquelle y est nommément désignée comme telle et cela à six reprises? Et, si cest sans doute la plus énorme, il sen faut bien que ce soit la seule bourde que lon relève dans son analyse de La Princesse de Clèves Mais, et le contraire aurait été surprenant, La Princesse de Clèves nest pas la seule œuvre que Mme Picciola fait bénéficier de son extrême inattention aux textes. Il y en a bien dautres et notamment, pour névoquer que les plus grands chefs-dœuvre, Phèdre, à propos de laquelle Mme Picciola écrit ceci : Phèdre, en dénonçant Hippolyte, lui fait courir tous les risques, celui de lexil, celui de la mort, plutôt que de supporter plus longtemps quil soit heureux avec une autre p. 129 Mme Picciola a certes raison décrire dénonçant entre guillemets, puisque cest Œnone qui a lidée de dénoncer Hippolyte et qui se charge de le faire, Phèdre ne faisant, dans un moment de panique, que consentir à la laisser agir. Or cest à la scène 3 de lacte III quelle y consent; cest à la scène 1 de lacte IV quŒnone accuse Hippolyte, et cest seulement à la scène 4 du même acte que Phèdre apprend quHippolyte est amoureux dAricie. Jusque-là Phèdre avait toujours été convaincue, comme tout le monde, quHippolyte ne sintéressait pas aux femmes. La jalousie na donc joué aucun rôle dans la dénonciation dHippolyte. Eh bien, Monsieur, lui répondit-elle en se jetant à ses genoux, je vais vous faire un aveu que lon na jamais fait à son mari, mais linnocence de ma conduite et de mes intentions men donne la force. Il est vrai que jai des raisons de méloigner de la cour, et que je veux éviter les périls où se trouvent quelquefois les personnes de mon âge. Je nai jamais donné nulle marque de faiblesse, et je ne craindrais pas den laisser paraître, si vous me laissiez la liberté de me retirer de la cour, ou si javais encore madame de Chartres pour aider à me conduire. Quelque dangereux que soit le parti que je prends, je le prends avec joie pour me conserver digne dêtre à vous. Je vous demande mille pardons, si jai des sentiments qui vous déplaisent, du moins je ne vous déplairai jamais par mes actions. Songez que pour faire ce que je fais, il faut avoir plus damitié et plus destime pour un mari que lon en a jamais eu ; conduisez-moi, ayez pitié de moi, et aimez-moi encore, si vous pouvez.Monsieur de Clèves était demeuré pendant tout ce discours, la tête appuyée sur ses mains, hors de lui-même, et il navait pas songé à faire relever sa femme. Quand elle eut cessé de parler, quil jeta les yeux sur elle quil la vit à ses genoux le visage couvert de larmes, et dune beauté si admirable, il pensa mourir de douleur, et lembrassant en la relevant :-Ayez pitié de moi, vous-même, Madame, lui dit-il, jen suis digne ; et pardonnez si dans les premiers moments dune affliction aussi violente quest la mienne, je ne réponds pas, comme je dois, à un procédé comme le vôtre. Vous me paraissez plus digne destime et dadmiration que tout ce quil y a jamais eu de femmes au monde ; mais aussi je me trouve le plus malheureux homme qui ait jamais été. Princesse de Clèves, Madame de La Fayette troisième partie 1. Un aveu inattendu à son mari A Des circonstances romanesques Félix de Vandenesse fait le récit dune aventure sentimentale qui a profondément marqué son adolescence. Il en raconte ici lépisode déterminant sa rencontre avec Madame de Mortsauf lors dun grand bal à Tours. France, nommée par François Ier duchesse de Chartres! Ce sont donc deux êtres dexception! cf. Comparaison implicite avec la beauté de la Dauphine. Quun véritable roman au sens où on lentendait à lépoque. En 1564 Anne dEste, veuve du duc de Guise et fille de Renée de lattitude hésitante de la princesse de Clèves : pendant quelle cherchait des yeux Dès le début de lextrait, Mme de Clèves se fait une idée du Duc de Nemours à travers les descriptions de la dauphine : Madame la dauphine le lui avait dépeint dune telle sorte, et lui en avait parlé tant de fois, quelle lui avait donné de la curiosité, et même de limpatience de le voir. Coucou à tous! Jai vu que vous aviez échangé ici à propos de la lecture analytique, jaurais sil vous plat besoin de vous. Je narrive pas à dissocier les arguments et les analyses-Cest un choix bien désagréable pour vous, répondit-elle, que celui de ce prince. Il partagera tous les honneurs, et il me semble que vous devriez essayer de faire choisir quelque autre.